La santé des femmes : longtemps oubliée, enfin reconnue
À l'occasion de la Journée Internationale de la Santé des Femmes
Pendant des siècles, la médecine s'est construite autour d'un modèle masculin. Les femmes, pourtant la moitié de l'humanité, ont été les grandes absentes des études cliniques, minimisées dans leurs douleurs, et renvoyées chez elles avec un "c'est dans votre tête". Aujourd'hui, les choses bougent — lentement, mais sûrement. Et cette journée est l'occasion de dire haut et fort : la santé des femmes mérite toute l'attention qu'on lui a si longtemps refusée.
Des corps ignorés, des douleurs banalisées
L'endométriose touche aujourd'hui une femme sur dix en France. Pourtant, il faut souvent attendre 7 à 10 ans avant qu'un diagnostic soit posé. Sept à dix ans de douleurs insupportables, de règles invalidantes, de rapports douloureux — renvoyées à une simple "sensibilité exacerbée". Comme si souffrir était une condition normale d'être femme.
La recherche médicale, elle-même, porte cette responsabilité. Comme le souligne une revue scientifique publiée dans Santé Publique (Cairn, 2023) : "Des problèmes de santé spécifiques aux femmes, tels que la ménopause et l'endométriose, ont longtemps été ignorés par le monde médical, ce qui a conduit à un déficit de formation et de compétences dans la gestion des symptômes associés." (Source : Cairn.info)
La douleur des femmes est systématiquement sous-évaluée. Une enquête menée en 2021 auprès de plus de 110 000 femmes au Royaume-Uni révèle que 50 % d'entre elles estiment que leur douleur a été ignorée ou négligée par les professionnels de santé. (Source : L'Orient Le Jour, 2025)
Et ce biais ne s'arrête pas à la gynécologie. Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité chez les femmes en France, loin devant le cancer du sein. Pourtant, leurs symptômes — différents de ceux des hommes — restent méconnus, sous-diagnostiqués, sous-traités. La médecine a trop longtemps été androcentrée : pensée par des hommes, pour des hommes, en oubliant que les femmes ont un corps qui fonctionne différemment.
La charge mentale : invisible, mais épuisante
Il y a quelques années encore, parler de "charge mentale" faisait sourire. Aujourd'hui, les chiffres parlent d'eux-mêmes — et ils sont accablants.
Oui, les hommes font davantage de tâches ménagères qu'il y a vingt ans. Mais non, la répartition n'est pas à 50/50. Loin de là.
- Selon l'INSEE, les femmes réalisent environ 71 % des tâches ménagères et y passent en moyenne 1h30 de plus par jour que les hommes.
- Une étude du Centre d'études démographiques de Barcelone (2024) portant sur 74 000 couples dans 15 pays européens montre que les femmes en France consacrent en moyenne 206 minutes par jour aux tâches domestiques, contre 111 minutes pour les hommes — soit près du double. (Source : Brut Media)
- Les données de la DREES (2022) montrent que 54 % des femmes prennent majoritairement en charge les tâches ménagères (courses, ménage, linge) contre seulement 7 % des hommes. Pour les activités liées aux enfants, 46 % des femmes en assurent la responsabilité principale contre 6 % des hommes. (Source : lecoconsolidaire.fr)
Le baromètre MGEN 2025 affine encore ce constat : les femmes portent davantage la charge mentale sur le suivi scolaire des enfants (81 % vs 66 % pour les hommes), la gestion du calendrier familial (69 % vs 54 %), l'organisation des tâches ménagères (67 % vs 51 %) — et chez les mères d'enfants de moins de 3 ans, ce chiffre monte à 83 %. (Source : Baromètre MGEN, 2025)
Ce n'est pas une question de bonne volonté. C'est une réalité structurelle, ancrée dans des représentations qui persistent. Et 26 % des femmes jugent leur santé mentale médiocre, contre 14 % des hommes — cet écart du simple au double dit tout de l'impact de cette surcharge invisible sur la santé.
Préparer les repas, faire les lessives, les courses, suivre les devoirs, gérer les activités périscolaires, renouveler les garde-robes, planifier les vacances, anticiper les rendez-vous médicaux… Tout cela ne tient pas dans une case "corvée". C'est un travail à temps plein, qui se superpose à la vie professionnelle et qui, bien souvent, n'est ni vu, ni nommé, ni remercié.
Ce que les médecines traditionnelles savent depuis longtemps
Si notre médecine conventionnelle a si longtemps oublié les femmes, d'autres systèmes de santé, eux, ont toujours su que la vie d'une femme est un chemin rythmé par des étapes qui méritent chacune une attention particulière.
L'Ayurvéda — médecine traditionnelle indienne vieille de plus de 5 000 ans — en est l'exemple le plus accompli. Cette approche considère la femme comme un être dont les doshas (les énergies fondamentales) évoluent et se transforment tout au long de la vie. Loin de pathologiser ces transitions, elle les reconnaît, les honore et les accompagne.
De l'enfance à l'adolescence et l'arrivée des premières règles, de la conception à la grossesse, de l'accouchement au post-partum, de la pré-ménopause à la ménopause et au vieillissement : chaque étape est une porte de transformation qui demande un soin adapté, personnalisé, holistique.
En Ayurvéda, les règles ne sont pas une gêne à gérer — elles sont un baromètre de l'équilibre intérieur. La ménopause n'est pas un déficit hormonal à compenser — c'est une invitation à entrer dans une sagesse nouvelle. La grossesse et le post-partum ne sont pas de simples événements médicaux — ce sont des passages sacrés qui transforment le corps et l'identité d'une femme.
C'est cette vision globale, respectueuse et profondément humaine de la santé féminine qui m'a attirée vers l'Ayurvéda. J'ai choisi de me former, d'étudier en profondeur cette approche — et aujourd'hui, c'est ce que je transmets dans mon programme en ligne, pour accompagner les femmes dans toutes ces transitions de vie avec les outils que la médecine ayurvédique nous offre.
Et si on commençait à vraiment prendre soin des femmes ?
Cette journée internationale n'est pas qu'une date dans un calendrier. C'est un rappel que la santé des femmes est politique, sociale et personnelle à la fois.
Politique, parce qu'elle suppose que la recherche médicale intègre enfin les spécificités féminines. Sociale, parce qu'elle exige une redistribution réelle de la charge mentale et domestique. Personnelle, parce que chaque femme a le droit de se sentir entendue, accompagnée, et soutenue dans toutes les étapes de sa vie.
Ce chemin, nous pouvons le prendre ensemble. C'est tout le sens de mon travail.

