Hashimoto et maladie cœliaque : le lien qu'on ne vous dit pas
Aujourd'hui, 16 mai, c'est la Journée mondiale de la maladie cœliaque.
L'occasion pour moi de parler d'un sujet qui me touche personnellement — et qui concerne beaucoup plus de femmes qu'on ne le pense. Car la thyroïdite de Hashimoto et la maladie cœliaque sont bien plus liées qu'il n'y paraît.
Pendant des années, j'ai cumulé les symptômes sans vraiment comprendre pourquoi mon corps semblait ne plus m'obéir. Fatigue intense, perte de cheveux, prise de poids inexpliquée, sensation permanente d'inflammation. Le diagnostic de Hashimoto est tombé, et avec lui, des questions auxquelles la médecine conventionnelle ne répondait qu'à moitié.
C'est en explorant l'ayurvéda, et en creusant la littérature scientifique sur les maladies auto-immunes, que j'ai découvert quelque chose d'important : Hashimoto et la maladie cœliaque partagent un terrain commun. Comprendre ce lien a changé mon approche — et peut changer la vôtre.
La maladie cœliaque, c'est quoi exactement ?
La maladie cœliaque est une maladie auto-immune chronique. Lorsqu'une personne atteinte consomme du gluten — une protéine présente dans le blé, l'orge et le seigle — son système immunitaire réagit en attaquant la paroi de l'intestin grêle. Cette réaction inflammatoire entraîne une destruction progressive des villosités intestinales, ces petites structures qui permettent l'absorption des nutriments.
Les conséquences sont multiples : malabsorption, carences, fatigue chronique, troubles digestifs… mais aussi des symptômes bien moins connus, comme des douleurs articulaires, des troubles de l'humeur, ou des problèmes thyroïdiens. C'est là que le lien avec Hashimoto devient évident.
Le chiffre à retenir : la maladie cœliaque touche environ 1 % de la population mondiale — mais jusqu'à 10 % des personnes atteintes de la thyroïdite de Hashimoto en seraient également atteintes, souvent sans le savoir.
Hashimoto et cœliaque : un terrain auto-immun partagé
Ces deux maladies ne se côtoient pas par hasard. Plusieurs mécanismes biologiques expliquent leur association fréquente.
1. Le même dérèglement immunitaire
Dans les deux cas, le système immunitaire perd sa capacité à distinguer le "soi" de l'"étranger". Il produit des anticorps qui attaquent les propres tissus du corps — la thyroïde dans le cas de Hashimoto, la paroi intestinale dans le cas de la cœliaque. Ce terrain génétique auto-immun commun explique pourquoi les deux maladies se retrouvent souvent ensemble.
2. La confusion moléculaire : gliadine et thyroïde
C'est l'un des mécanismes les plus fascinants — et les plus préoccupants. La gliadine, une protéine constitutive du gluten, présente une structure moléculaire similaire à une protéine de la glande thyroïde. Chez certaines personnes génétiquement prédisposées, le système immunitaire peut les confondre. En attaquant la gliadine, il attaque aussi — par erreur — les cellules thyroïdiennes. Ce phénomène, appelé mimétisme moléculaire, est aujourd'hui bien documenté dans la littérature scientifique.
3. L'axe intestin-immunité-thyroïde
L'intestin n'est pas qu'un organe digestif. Il abrite environ 70 % de nos cellules immunitaires. Lorsque sa paroi est enflammée et perméable — comme c'est le cas dans la maladie cœliaque non traitée — des molécules qui ne devraient pas passer dans le sang y pénètrent, entretenant une inflammation systémique. Cette inflammation chronique aggrave les maladies auto-immunes déjà présentes, dont Hashimoto.
"Soigner l'intestin, c'est aussi soigner la thyroïde. Les deux organes sont plus connectés qu'on ne le croit."
Des symptômes qui se ressemblent et se cumulent
L'une des difficultés de ces deux maladies, c'est que leurs symptômes se superposent largement — ce qui retarde souvent le diagnostic de l'une ou de l'autre.
Hashimoto : Fatigue intense, prise de poids, perte de cheveux, frilosité, dépression, brouillard mental
Maladie cœliaque : Fatigue, ballonnements, diarrhées ou constipation, carences, douleurs abdominales, troubles de l'humeur
Terrain commun : Inflammation chronique, perméabilité intestinale, dérèglement immunitaire, sensibilité au stress
Ce qu'on oublie : Beaucoup de femmes cœliaques ont des symptômes atypiques — sans symptômes digestifs évidents.
Si vous avez Hashimoto et que vous n'avez jamais été dépistée pour la maladie cœliaque, il peut valoir la peine d'en parler à votre médecin. Un simple dosage des anticorps anti-transglutaminase (tTG-IgA) dans le sang permet d'orienter le diagnostic.
L'alimentation : le levier commun aux deux maladies
C'est là que l'approche ayurvédique prend tout son sens. L'ayurvéda ne traite pas une maladie isolée — il cherche à rééquilibrer le terrain, à réduire l'inflammation à la source, et à restaurer la force digestive (ce qu'on appelle en sanskrit l'agni, le feu digestif).
Pour Hashimoto comme pour la maladie cœliaque, revoir son alimentation est le premier levier concret. Pas un régime restrictif, pas une liste d'interdits — mais une façon de choisir des aliments qui nourrissent sans enflammer, qui soutiennent l'intestin plutôt que de l'agresser.
- Privilégier les aliments anti-inflammatoires : curcuma, gingembre, légumes cuits, graisses de qualité
- Réduire ou éliminer le gluten pour observer l'impact sur l'inflammation thyroïdienne
- Soutenir la flore intestinale avec des aliments fermentés adaptés à sa constitution
- Adapter son alimentation à ses rythmes biologiques — l'ayurvéda accorde autant d'importance au quand qu'au quoi
Ces ajustements, pratiqués progressivement et avec discernement, m'ont permis de réduire significativement ma fatigue, de retrouver une meilleure densité capillaire, et de stabiliser mon poids — sans jamais me sentir privée.
Ce que je prépare pour vous
Plusieurs d'entre vous m'ont contactée au fil de mes échanges en ligne pour me demander comment j'avais mis tout cela en place. Ces témoignages m'ont profondément touchée — et décidée.
Je travaille actuellement sur un programme en ligne basé sur l'ayurvéda, spécifiquement conçu pour les femmes qui vivent avec Hashimoto. Un programme hebdomadaire, concret, progressif — pour apprendre à utiliser l'alimentation, les rituels et les outils ayurvédiques comme leviers de mieux-être au quotidien.
Je vous en parlerai bientôt. En attendant, suivez-moi sur Instagram pour ne rien manquer.
Et vous, où en êtes-vous ?
Vous avez Hashimoto, la maladie cœliaque, ou les deux ? Vous vous reconnaissez dans ces symptômes ? Laissez un commentaire ci-dessous — je lis tout, et je réponds.

